De grandes baies vitrées en rez-dee-chaussée, et dans l’angle du bâtiment, le visage immense d’un plongeur qui se confond avec la façade d’un immeuble parisien du 17e arrondissement. Au-dessus, le nom de Cousteau. Un fragment d’océan dans Paris.
David, qui est rédacteur en chef du Calypso-Log, nous accompagne et nous fait monter l’étroit escalier en colimaçon qui accède aux bureaux de l’Équipe Cousteau : déjà dans nos petites têtes de rêveurs, nous montons à la passerelle de la Calypso… Quand la porte s’ouvre, c’est l’univers du commandant qui apparaît. Chaque objet nous émerveille.
« Tout n’est pas là ! » s’exclame Francine Cousteau. Du fin fond de son bureau, la grande dame apparaît, souriante. Les récompenses reçues par le commandant se mêlent aux objets personnels de l’homme qui fut le Français le plus connu au monde.
Après les présentations avec des membres de l’Équipe, Francine nous invite autour de la table de réunion. Voilà trois mois que nous travaillons sur un projet de livre et les choses ont pris forme au-delà d’un simple manuscrit. Nous venons parler à la veuve du commandant qui, jour après jour, fait renaître de ces cendres le mythe : la Calypso.
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En France, personne n’est au courant de la rénovation de ce navire, qui fut l’un des trois bateaux les plus connus du 20e siècle. La Calypso a coulé à Singapour en 1997, quelques mois avant la mort du commandant, et voilà qu’enfin elle fait peau neuve. Si en France, personne ne sait que la Calypso va être remise à l’eau, outre-Atlantique, les gens attendent le retour de la « légende » avec impatience… Nul n’est prophète en son pays !
Après les présentations et la remise du dossier à Francine, Hugo détaille le livre et nous projette dans le futur de cette ambassadrice des mers. Francine écoute, attentive, pendant que Marc tente — en mâchant discrètement son chewing-gum — de se décontracter avant son examen d’oral.
L’enthousiasme des deux pieds palmés de la Confrérie prend peu à peu le dessus. La passion des compères fait rayonner la maîtresse des lieux qui constate que nous sommes totalement imprégnés de notre sujet. Derrière la porte, les rendez-vous de la présidente de la Cousteau Society s’accumulent… Mais la dame préfère partager quelques embruns de l’Atlantique avec la Confrérie.
Deux heures plus tard, les impératifs horaires nous obligent à prendre congé ; cette discussion nous à fait faire vingt fois le tour du monde. De toute part, les passionnés attendent le retour de la nymphe Calypso. Dans quelques mois, ce moment deviendra réalité et elle embarquera, une fois de plus, tous les enfants du monde. |